Olivier Bovy

 

 

Crédits photo : Olivier Bovy

°1979 – Vit et travaille à Liège.

“On a parfois parlé de modestie pour qualifier les œuvres d’Olivier Bovy ; les qualificatifs de délicatesse ou de politesse seraient plus appropriés. Comme des hôtes irréprochables, elles se mettent au service du spectateur. En modifiant le rapport à l’espace, elles invitent au mouvement, en modifiant le rapport à l’écoute, elles fixent l’attention : elles appartiennent à ce qu’on appelle « l’art interactif ». Au spectateur, à son tour, de répondre à cette hospitalité en se rendant actif.

Les paysages sonores urbains, à l’instar des autres types de paysages, portent les stigmates de la modernité. Certains sons, qui autrefois rythmaient la vie quotidienne, ont disparu. Les œuvres de Olivier Bovy agissent précisément à cet endroit : elles invitent à réinvestir la dimension sonore de la vie, qu’elle soit collective ou intime. Collective lorsque l’œuvre propose d’inventer un rituel, tel Sons de cloches (2014-2018), deux cloches espacées que l’on actionne à son gré, pour signifier sa présence, lancer un appel, communiquer entre deux points. Intime lorsque l’œuvre happe le passant et crée pour lui une bulle dans l’espace public, à l’instar de la fontaine sonore souterraine et invisible intitulée Il y a quelqu’un dans la pièce (2013-2019).

Par son puissant pouvoir évocateur et de coloration d’ambiance, le son agit en profondeur sur le spectateur. Olivier Bovy, qui porte un intérêt pour l’ethno-acoustique ou les vertus thérapeutiques des sons, le travaille autant que possible dans sa matérialité brute, et privilégie des sons naturels – respiration, ressac… Dans une recherche d’une reconnaissance instinctive par le public, les formes affirment leur fonction. Leur stylisation à l’extrême les a dépouillées de toute fioriture : génériques, essentielles, elles sont réduites à l’os. Idem pour la couleur, débarrassée de tout pathos, elle est dictée par le matériau, à l’instar de Mahakala (2019), un diapason monumental en aluminium. La pratique d’Olivier Bovy pourrait se résumer dans cette simple mais forte idée : ses œuvres fondent une esthétique de l’attention, où l’acte même d’expérimenter le dispositif compose sa part sensible. Pas d’œuvres sans spectateur : on le savait. Avec Olivier Bovy : on le vit.” -Lætitia Chauvin

http://www.olibovy.net

Appendices